Brands Hatch
: Ajouté le 15/8/2008 à 08:08 PM
L’habitude est prise maintenant, j’irais donc à Brands Hatch en solo.
Je n’étais pas très motivée pour y aller en moto, mais sans autre solution, Trompette posera ses roues en Angleterre.
La grosse contrainte vient des horaires de ferries, il ne faut pas se louper. Après moult hésitations, je retiens celui de 23h30, il ne va donc pas falloir trainer en route.
Jeudi soir, en sortant du boulot je saute sur la moto et en route. La météo prévoit des orages toute la soirée. Quelle joie…
Je pars d’Orléans sous la cagnard, en cherchant de l’essence j’ai raté l’autoroute, du coup je me fade les traversée de patelins en travaux avec circulation alternée. Ca commence bien, de mon côté le feu ne passe jamais au vert. Je me demande combien de temps sont restés les automobilistes dans leur auto avant de péter les plombs, pour ma part un tour dans le vide m’aura suffit.
Il n’aura pas fallut plus d’une heure avant de trouver les premiers orages. Sur une voie rapide, un automobiliste derrière mois me fait des appels de phare, je me range pour le laisser passer pensant qu’il est pressé. Arrivé à ma hauteur il me fait des gestes pour me faire comprendre qu’il y a un truc qui cloche sur la moto. Pensant que c’est ma place d’immatriculation un peu branlante qui a du se séparer d’un de ses rivets je ne m’affole pas plus que ça. L’automobiliste continue ses avertissements, du coup je stoppe pour voir ce qu’il se passe. Mon sac à dos s’est ouvert et tout le contenu commence à se répandre sur la chaussée. Ma plaque va bien, merci…
Merci cher automobiliste de m’avoir avertie.
Il pleut, c'est gai, je commence à regretter d'être venue en moto, mais bon.
Eh bien je ne pensais pas, mais un 900 mostro ça a des chevaux, je me suis fais un beau burn à la réaccélération, que je comprends maintenant ce que ressentent les pilotes quand la moto est en glisse

Il pleut sans discontinuer jusqu‘à Calais, je suis ravie.
Pour m’épargner les galères d’essence en Angleterre, je cherche à faire le plein avant de prendre le bateau. Youpi une station juste là. Groumpf c’est fermé. Pas grave il y en a une autre juste là, fermée aussi. C’est dingue ça, toutes les stations services sont fermées, aucune ne fonctionne en 24/24. Il est temps de sortir le GPS pour trouver un supermarché ou une station ouverte la nuit. Il y a un carrouf à 3-4 km, me vlà sauvée. Zou le plein et en bateau.
En attendant l’embarquement, un motard se joint à moi, c’est un anglais, il commence à me faire la conversation, hum spa gagné. Finalement nous passons la traversée à bavarder, je suis épatée par mon anglais, je comprends presque tout ce qu’il dit. En plus il est encore plus fou que moi, ça fait du bien de croiser des gens qui ne vous regardent pas avec des grands yeux

Lui rentre de vacances, le matin même il était encore à Aoste, il a traversé la Suisse, un bout d’Autriche, un bout d’Allemagne, un bout de France et il lui reste encore deux heures de route en Angleterre.
Normalement je devais retrouver des copains en voiture à Calais, manque de bol pour moi, ils sont arrivés en avance et ont pris le bateau précédent. Evidemment je n’ai pas pris de carte… par chance mon Anglais connaît Brands Hatch et par plus grande chance encore, c’est sur sa route. Du coup à la sortie du ferries, pas de stress de position sur la route et de sens de rotation des ronds points, je le suis. Brands Hatch est bien indiqué, je trouve sans peine même de nuit. Merci à toi motard anglais, au plaisir de se recroiser sur les routes d’Europe.
J’arrive au circuit sur les coups de 2 ou 3h du matin, ça y est je suis perdue dans les heures. Je fais un tour rapide des lieus et plante ma tente sur un bout de pelouse, on verra bien demain matin où je suis…
Vendredi matin, je remballe tout et je lève le camp, je me chercherai un autre endroit où dormir ce soir.
Brands Hatch est un vieux circuit qui fait un peu vétuste, mais bien sympathique. Beaucoup de relief, une proximité avec la piste impressionante

Les spectateurs sont à 3 ou 4 mètres de la piste, sans grillage, juste une petite barrière à un mètre du sol. Je suis toujours impressionnée par la discipline des anglais.
Retour, un peu à la hâte encore, pour ne pas râter le ferrie. Finalement je suis largement dans les temps, on me propose, moyennant un supplément (aussi cher que le billet initial) une place sur le bateau précédent, perdue dans les heures, pensant qu'il reste moins d'une heure je décline. Il est trop tard quand je réalise que c'est deux heures qu'il va falloir attendre, la pluie vient me tenir compagnie.


La traversée est bruyante, il y a un groupe d'allemands très bruyants, c'est une calamité. J'essaie de dormir un peu, mais rien à faire. Nous arrivons à Calais bien en retard. Ma moto tenue par une bête sangle a voyagé sans encombre. C'est parti pour 400 km d'autoroute

Avant tout je file au Carrouf faire le plein. Misère la station est en panne, c'est reparti pour une nouvelle galère

Je cherche d'autres stations, rien à faire, je me décide à prendre l'autoroute pensant que mes chances de trouver une station ouverte sont plus grandes. Une station est annoncée à 10 km, j'espère que ça va tenir, je fais le compte à rebours en croisant les doigts et spa facile de croiser les doigts en moto
Finalement tout se passe bien, ouf . Il se remet à pleuvoir. Je m'arrête souvent pour rester éveillée. La route est barbante, je n'en vois pas le bout. Aller encore 100 km, encore une pause, j'en ai plein les bottes. Je marche un peu pour me réveiller, je surveille l'état des pneus. Ah bah ça y est j'ai perdu ma plaque d'immatriculation

Chic je vais pouvoir rouler au taquet sans me préocuuper des radars. Pfff je suis trop fatiguée pour ça et en plus il n'y a plus de radar

Il est trois heures passées quand Trompette retrouve son garage. Je mets à sécher la combi pluie, je défais mes sacs et zou au lit, demain il y a boulot
Une "balade" peu passionante mais une expérience intéressante. Le plus perturbant à rouler en Angleterre, c'est de voir les phares arriver de la droite la nuit. Pour les ronds points, impossible de me raisonner, je préférais regarder de tous les côtés, on ne sait jamais

Aujourd'hui, je viens de découvrir que j'ai eu beaucoup de chance de pouvoir rentrer presque sans encombre. Une cosse a cramé, cette cosse reliait juste le régulateur...
» Catégorie
Balades
Commentaires (2)
:: Poster un commentaire
::
Lien permanent :: Envoyer à un ami
Brands Hatch, dimanche 3 août 2008. Le temps est mitigé, tantôt sec, tantôt une averse.
Les pilotes du mondial supersport s'élancent. Ils ont des pneus dit de route, du coup en cas de pluie légère ça adhère toujours. La bagarre fait rage en tête de course, ça se double de partout. Plus ça va, plus il pleut, je m'étonne que la course ne s'arrête pas, les pilotes aussi.
Robbin Harms, alors en tête chute, sans gravité, Russell Holland s'empresse de l'imiter. Le drapeau rouge est sorti. Les pilotes regagnent les stands et on s'organise pour un second départ. Les deux pilotes qui ont chuté peuvent repartir, mais ils ne repartiront pas, problème de moto pour Holland, une raison que j'ignore pour Harms, mais alors qu'il est prêt il n'a pas le droit de partir.
Finalement la course reprend. Le classement s'effectue au temps cumulé des deux courses. De nouveau la bagarre fait rage en tête de course. Les deux anglais Jonathan Rea et Craig Jones s'en donnent à coeur joie.
Tout à coup c'est la chute, Craig Jones est au sol, il glisse au milieu de la piste et au milieu des autres motos. Un pilote ne peut l'éviter, c'est le choc, Craig Jones continue de glisser sur la piste, il semble inanimé.
Il décèdera des suites de ces blessures à l'hopital dans la matinée, il avait 23 ans.
Ciao Craig

Paradoxe de tout cela il est classé second de la course...
» Catégorie
Photos
Commentaires (1)
:: Poster un commentaire
::
Lien permanent :: Envoyer à un ami