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Escapades Nocturnes | Bloguez.com

X-térie

 



Nous avons dansé toute la nuit, toi et moi

Je n’ai pas pu en fermer les yeux

Rien n’était prévu, mais cela a été ma fête

Tu as connu l’extase avec moi

A chaque fois je pensais t’avoir épuisé

Mais tu revenais sans cesse

Je n’ai jamais connu un tel état d’épuisement

Finalement j’ai crié grâce mais tu n’en as pas tenu compte

Tu ne m’as rien laissé, et surtout pas le sommeil

Pourtant à chaque fois je t’entendais venir

Je me croyais protégé, sous ma couette, au fond de mon lit

Que nenni, tu es revenu me faire toutes ces choses

Partout tu as posé tes piquants baisers

Tu as exploré chaque endroit de ma peau

Tu m’as harcelé et tu as même été plus loin

Jamais je ne m’étais fais sucer autant


...

 

Saloperie de moustique !!



escapades nocturnes moustique X-térie


Doe Paythro Gnat Relaxing Atop A Sponge Pole.

Tags : escapades nocturnes poesie com

Ajouté le 00:07 à 1/7/2009
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Quo vadis ? XV

 



On a détecté une anomalie.

On est intervenu sans tarder.

Apparemment un groupe de cobayes avait réussis à s’échapper et à se regrouper.

On est intervenu.

On a fait ce qu’il fallait faire.

On n’a pourtant pas réussis à récupérer tous les cobayes.

On ne comprend pas pourquoi on n’a pas détecté ces fuites plus tôt.

On est persuadé d’avoir des traites dans l’Agence.

 

On a fait torturer les cobayes avant de les tuer.

On a malheureusement eu confirmation.

Une partie des cobayes étaient de la Faction.

On se demande quel but dissident la Faction peut bien poursuivre.

On ne peut pas la laisser faire.

On ne peut pas retarder le processus.

On ne peut pas les laisser gagner.

On sait désormais que l’Agence est contaminée.

On ne peut pas se permettre une telle chose.

On doit purifier l’Agence.

 

On s’intéresse aussi de savoir comment tant de cobayes ontpu s’échapper.

On a cherché à comprendre comment une telle mutinerie a puse produire.

On a pourtant une forte sécurité et une grande surveillance.

On a visionné les enregistrements sans tarder.

 

On a été incroyablement surpris.

Pire encore, On est tombé des nues.

Au point même de ne pas savoir immédiatement comment réagir.

 

Lui.

 

On a bien vu qui c’était.

Le sujet numéro 3 qui a délivré les autres cobayes.

On n’arrive pas à comprendre comment une telle chose est possible.

On ne comprend pas.

On l’a pourtant vu mourir.

Tout bien considéré, On n’a seulement vu les restes de son corps !

 

On a demandé une autopsie poussée du cadavre de l’expérience du damier.

Les résultats n’ont pas tardé.

On a été soulagé et en colère à la fois.

On a été joué !

On a regretté la mort du sujet numéro 3.

En réalité, On découvre que celui-ci est bien vivant et qu’il essaye de saboter les autres expériences.

 

On se doute que la Faction a quelque chose à voir là dedans.

On a tué trop vite les cobayes sans penser à les interroger sur ce sujet.

On a fait une erreur.

 

On se doute bien que c’est la Faction qui l’a libéré et qui a laissé un cadavre.

On ne sait juste pas comment, mais cela ne sera qu’une question de temps.

Par contre, On ne sait pas non plus pourquoi.

Et cela, On ne peut l’admettre.

On a beau chercher par tous les moyens ce que la Faction aurait à y gagner.

Pas de réponse.

Juste des hypothèses.

Peut être cherchent-ils à ralentir l’Agence.

Peut être même à la détruire.

 

On a décidé de ne plus se laisser attendrir par le sujet numéro 3.

Ni son parcours exemplaire, ni ses aptitudes hors normes ne doivent empêcher sa capture et sa mort.

 

On a laissé les autres expérimentations de coté.

Désormais, On n’a qu’un seul objectif : le retrouver.

On ne refera plus d’erreur.

On doit l’arrêter avant que les choses s’aggravent.

On a déjà assez de problème avec la Faction.

 

On a passé en revu tous les étages supérieurs.

On s’est occupé des sorties.

On s’est assuré que le sujet numéro 3 n’a pas encore quitté le complexe.

Mais le complexe est tellement immense qu’il peut se trouver n’importe où.

En toute logique, On passe en revu tous les niveaux supérieurs.

On ne peut pas laisser vivre le sujet numéro 3.



quo vadis episode 15 escapades nocturnes

Tags : quo vadis episode 15 escapades

Ajouté le 21:34 à 24/5/2009
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Amour égoiste

 



Si tu revenais à moi,

Mon amour,

Je t’enfermerais

A double tour...

 

Pas par méchanceté,

Mon cœur,

Au contraire

Par peur,

De voir un trésor

Tel que toi

M’échapper

Encore une fois.

 

Te perdre

M’a montré

Qu’elle perle

Tu étais.

 

Tu fais le bonheur

Des gens qui t’entourent,

Avec ardeur

Tu distribues ton amour.

 

Mais à trop vouloir donner

Tu t’épuises,

Et je veux t’épargner

Cette sottise.

 

C’est de moi

Désormais que tu t’épuiseras,

Uniquement pour moi,

Uniquement à qui tu donneras.

 

Ne crois pas,

Dans mon attitude,

Que je suis ingrat,

Que je suis rude.

C’est juste,

Je l’ai compris,

Que tu es

L’amour de ma vie.

 

Mon seul bonheur,

Ma seule joie,

Dont mon cœur

Est en émoi.

 

Mon amour pour toi

Me ferait faire

Traverser l’enfer,

Pour entendre ta voix,

Pour ne plus t’enfuir,

Pour être enfin heureux,

Ne plus languir

Comme éternel amoureux.

 

Si tu revenais à moi

Mon amour

Je t’enfermerais

A double tour...

 

Pour te cacher

Des autres

Pour ne pas te partager,

Avec les autres.

 

Mais je serais effrayé

Que pendant mon absence

On tente de t’approcher,

On essaye de me voler.

 

Alors je m’enfermerais

Aussi avec toi.

Pour ne pas t’envoler

Je t’attacherais à moi.

 

Où cela ?

Je ne sais pas.

 

Le monde est-il

Assez grand,

Assez résistant

Pour notre idylle ?

Je ne sais pas

Mais je ne pense pas.

 

Ce que je ressens

Semble infini.

Je le sais maintenant

Et je m’en réjouis.

 

Je l’ai toujours su,

Je l’ai toujours vu,

Ce point,

Auquel je t’aime,

Ce point,

Auquel tu m’aimes.

Inconcevable à tous,

Pourtant si réel,

Comme une secousse

Mon cœur t’appelle.

 

Si tu revenais à moi

Mon amour

Je t’enfermerais

A double tour...

 

Rien ne m’a empêché

De toujours t’aimer,

Et rien ne m’empêchera

De continuer comme ça.

 

Même si tu étais avec un lui,

Installée depuis longtemps,

Avec mon heureux ennemi,

Mariée avec des enfants,

Cela ne changerait

Rien pour moi,

Je continuerais

A rêver de toi.

 

Un esprit et une âme,

Un cœur et une femme,

A caressé mon cœur

M’a offert un tel bonheur

Et a laissé à jamais

Une empreinte indélébile,

Un message secret,

Un amour impossible.

 

Parmi toutes celles

Que je pourrais aimer,

Tu es l'unique merveille

Que j’ai trouvé.

 

J’ai la chance

De t’avoir trouvé,

La démence

De t’avoir laissé,

Le bonheur

De t’avoir eu,

Le malheur

De t’avoir perdu...

 

Mais je garde

A jamais

L’espoir

De te retrouver.

 

Espoir qu’un jour

Tu me reviennes,

Inonder d’amour

Effacer ma peine.

 

Juste un espoir,

Avoir la chance

De me donner

Une seconde chance.

 

Pouvoir te montrer

Qui je suis vraiment,

Ce que je t’ai caché

Pendant si longtemps.

 

Pas celui

Que tu as connu,

Mais celui

Que tu n’as pas perçus.

 

Par peur

De te déplaire,

Pas peur

De te perdre,

Ce qui est

Malgré tout

Finalement arrivé,

Ce qui me rend fou.

 

Je te montrerais

Mon âme de rêveur,

Mon moi, mon vrai,

Mon grand cœur.

 

Trop petit toutefois

Pour contenir

Tout l’amour

Ce que j’ai pour toi.

 

Même si j’ai partagé

Quelques années

A tes cotés,

J’aimerais passer

L’éternité

A te contempler,

A te dévoiler...

 

Si tu revenais à moi

Mon amour

Je t’enfermerais

A double tour...


escapades nocturnes poesie amour egoiste

Tags : escapades nocturnes poesie

Ajouté le 23:18 à 17/5/2009
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Jasmine

 




Les souvenirs de ma jeunesse me reviennent.

 

            A l’époque, je me trouvais dans le pays qui s’appelait alors la Tchécoslovaquie,dans la petite ville de Jimlikov à quelques kilomètres de Karlovy Vary. J’avais trouvé du travail dans un asile de fous, ce que l’on appelle hypocritement aujourd’hui un hôpital psychiatrique, soignant des patients et non des déments. Il n’y a que l’appellation qui a changé, les méthodes et l’inhumanité dans ce lieu sont restés les mêmes.

 

            L’asile était divisé en deux bâtiments, le premier était le pavillon des malades lourds, ceux qui étaient dangereux pour la société, les déviants sexuels, les malades mentaux, les schizophrènes, parfois des psychopathes, des gens qui semblent de prime abord normaux, mais qui ont déraillé un jour ou l’autre.

 

            Pour ces dangereux malades, la seule solution était l’enfermement ad vitam aeternam, dans une cellule de quatre mètres sur trois et qui comprenait en tout et pour tout un lit de fer et des toilettes tinsalubres. Pour ces dangereux malades donc, le seul traitement était une lourde médicamentalisation, un cocktails ouvent mortel de forts psychotropes, d’anxiolytiques, de calmants et de morphine. Bref, pour effacer la présence de ces fous, le concept était de les enfermer et d’oublier très vite la clef.

 

            Mon premier jour s’est déroulé dans ce pavillon. A la fin de la journée, je me retrouvais dans le bureau du directeur pour demander de changer d’affectation, tant l’inhumanité de ce bâtiment se ressentait, tant les atrocités de ces lieux me révoltait, tant cela était pire que la prison, car en plus de supprimer toute liberté de mouvement à ces gens, on leur enlevait de plus leur liberté mentale, malgré le fait que cette dernière soit dérangée.

 

            Ainsi, au lieu de quitter ce travail, on m’a placé dans le second bâtiment, le pavillon des fous légers. Cette appellation englobait toute personne qui avait un comportement anormal mais dont on avait jugé que cela ne représentait pas un danger pour les autres ou pour le fou lui-même.

 

            Dans ce pavillon, certes les malades étaient aussi enfermés, mais cette fois, il avait une certaine liberté mentale. Ils n’étaient pas harcelés de traitements pour les calmer. Mon travail était de m’occuper de les surveiller et de m’assurer qu’aucun ne dévie et ne devienne dangereux. Dans ce pavillon, chaque malade rencontrait un psychiatre chaque semaine. Ce dernier avait le pouvoir de décider si quelqu’un allait mieux, et auquel cas on pourrait envisager sa sortie, ou bien au contraire, allant plus mal, on n’hésitait pas à envoyer le fou dans le pavillon de malades lourdement atteints, d’où ils ne ressortiraient plus jamais.

 

            C’est donc là que j’ai travaillé, entre des gens désespérés, ayant totalement perdu le sens de la réalité, entre ces fous légers, luttant contre mais aussi pour eux, pour leurs empêcher d’aller dans l’autre bâtiment, de lutter contre ce directeur sans âme et ce psychiatre pire encore, c’est donc là que j’ai travaillé, c’est donc là que j’ai rencontré Jasmine.

 

            Dans le bâtiment des fous légers, je m’occupais spécifiquement d’une douzaine de malades. Pietr avait un dédoublement de personnalité, un jour il était le cheval de Napoléon, un autre un jeune adulte de vingt et un ans presque conscient. Sergueï était un bonhomme de quarante et un ans, petit et gros, qui avait tellement de phobies qu’il était difficile de dire s’il existait quelque chose dont il n’en eut pas peur. Sabrina était compulsive, elle pouvait rester plusieurs heures sans bouger d’un cil, les yeux clos, semblant en méditation, puis l’instant d’après se jeter sur un mur et le frapper de toutes ses forces. Ilda avait un sérieux problème de tics, elle était celle qui semblait la plus normale et pourtant lorsque ses crises la prenait, elle poussait des cris stridents d’épouvante.

 

            Bref, tous étaient dérangés, atteints, anormaux, les gens les appelaient fous, ce joli mot, trois lettres, un f un o un u, et derrière ce mot, on pouvait cacher tout ce qui gênait les honnêtes gens.

 

            Mais parmi tous ces cas étranges, il y avait une jolie jeune femme, vingt trois ans, longs cheveux noirs qui parfois s’enroulaient seuls en anglaises, un visage très blanc, des yeux d’un grand bleu lagon, pur et si étranger, les lèvres retroussées qu’on dirait toujours sur le point de sourire, il était pourtant difficile de la voir sourire, Jasmine.

 

            Le problème de Jasmine était un problème de communication. Jasmine avait un trouble du langage. Elle parlait, en français généralement, ou tout du moins les mots que l’on pouvait comprendre. Le souci était que les propos de Jasmine était sans queue ni tête. Elle était incapable de se faire comprendre de quiconque, alors elle avait été déclarée folle et placée ici.

 

            La première fois que nos regards se sont croisés, elle m’a fait une grimace, tirant la langue, louchant et puis se mettant ensuite à pleurer. J’étais entré dans sa cellule pour faire connaissance, mais je devais déjà commencer par la consoler de je-ne-sais-quoi. Notre première entrevue me restera à jamais gravée. Je m’étais avancé vers elle et lui avait dit bonjour. Elle releva son visage et me répondit «  Nid de guêpes ».

 

            Surpris, j’en souris encore aujourd’hui, je m’étais assis près d’elle et lui demandait de me répéter ce qu’elle avait dit. Elle me répondit « Vais en locomotive ». Et puis elle s’était remise à pleurer. Je ne savais que faire. Je lui ai alors dit « C’est un joli prénom que tu as, Jasmine ». Elle arrêta de sangloter mais baissa encore plus la tête. Je l’entendu dire « Joyau ». Ne cherchant pas à comprendre, je continuais « Tu sais, Jasmin, c’est le nom d’une fleur ».

 

            Alors à cet instant, je la vis sourire, chose qui fut toujours très rare avec elle pendant tout son internement. Elle me regarda longuement, un silence s’installa, elle semblait chercher à s’exprimer et chercher ses mots. Elle dit après un long moment : « Jasmine est un fleur ».

 

            C’est alors que je compris que Jasmine n’était pas comme tous les autres, Jasmine n’était pas folle, non, Jasmine avait juste son monde à elle et avait du monde à le partager avec les autres. Mais je voyais chez elle de la réflexion et une certaine logique. Je ne criais pas victoire trop vite, mais je me promis d’aider le plus possible Jasmine à se faire comprendre.

 

            Chaque jour, nous nous voyions et chaque jour, j’essayais de percer le mystère de son langage. J’ai alors fais une chose qui n'était déontologiquement pas toléré, mais vu les conditions de soins de cet asile, je n’avais pas mauvaise conscience : bref, je suis rentré dans le monde de Jasmine.

 

            Elle me disait « Partir en retour de sa venue », je lui répondais « Danser les jardins du métro », elle poursuivait, complètement exaltée « Suivre le fil de la bobine des torrents » et je lui souriais en lui répondant « Chercher le robinet du soleil ».

 

            Plus le temps passait et plus nos discussions, dans mon esprit, commençait à prendre un sens. Plus le temps aussi passait, plus elle arrivait à modéliser ses idées,plus avec de simples mots, mais en commençant à utiliser la verbalisation, certes jamais comme il ne le fallait, mais je prenais ce changement comme une petite victoire personnelle.

 

            Un matin de juin, Sabrina a eu une crise pendant son entretien avec le psychiatre. Il a immédiatement décidé l’entrée de Sabrina dans le bâtiment des malades lourds. Je m’inquiétais de cette décision, tout comme je m’inquiétais des accès d’humeur qui touchait les malades à un moment ou à un autre. Et surtout, je m’inquiétais pour Jasmine, elle n’était pas folle, elle était juste… incomprise est le mot que j’emploierais, même si cela fait cliché.

 

            J’avais peur. Car si elle parvenait désormais à faire des phrases plutôt que de sortir des mots sans aucun sens, elle allait inquiéter davantage le psychiatre, il penserait que son état empire. Et si jamais j’étais pris sur le fait de moi-même l’analyser en utilisant son propre jeu, on m’aurait remercié et Jasmine serait partis pour l’autre bâtiment où je ne l’aurais plus jamais revu. J’étais prudent mais je ne pouvais pas laisser Jasmine ainsi.

 

            Elle arrivait désormais à faire des phrases du type « Le lundi 18 je suis parti pêcher l’hameçon au fond de l’épave du congrès républicain ». Ce à quoi maintenant je répondais « Vouloir suivre la fille des mots éperdus ».

 

            Une grande complicité nous liait. Je rentrais souvent dans son monde de parole qui semblait sans cohérence, mais souvent aussi j’en ressortais rapidement pour faire des vraies phrases ou redire ce que je pensais avec un réel sens littéral. Sans doute étais-je fou moi aussi pour dialoguer de la sorte. Mais je croyais en ce que je faisais, j’avais l’espoir de lui apporter quelque chose d’important.

 

            Plus le temps a passé et plus elle faisait des phrases corrects lexicalement. « Il a chuté des bulles froides et transparentes », ce à quoi je lui répondais « Cela s’appelle la pluie, on dit pleuvoir, pluie froide tombe du ciel ». « Quoi du ciel tombe ?», « Pluie,pleuvoir », « Le ciel pleuvoit ? », « C’est à peu près ça, en somme », « Somme la cause d’une addition ? », sourire, « Jasmine tu veux encore aller trop vite et tu t’embrouilles », « Locomotive », « Oui locomotive, trop vite ». Elle me sourit encore et me pris dans ses bras. « Jasmine est un fleur », « Oui Jasmine, et je ne laisserais personne te laisser faner, tu resteras le joyau, je t’éviterais tous les problèmes, tous les nids de guêpes ». Elle se rassit et je partais lorsque je l’entendis dire « Toi aussi joyau, toi aussi ».

 

            Nos rapports, je dois l’avouer, dépassaient la simple relation malade-soignant. Sans doute étais-je amoureux de Jasmine, sans doute étais-je aussi attiré par son singulier problème.

 

            Mais je n’ai pas été assez prudent et le psychiatre s’est rendu compte du changement chez elle. Il a pris peur, cette imbécile, et n’a voulu écouter personne. Lui, pédant, du haut de sa longue expérience et de sa totale absence de lucidité, il décida que les propos que tenait Jasmine devenait de la folie pure, et que, pour prévenir de cette inquiétante évolution, il décida d’envoyer Jasmine dans l’autre bâtiment, là où elle serait droguée au point de ne pouvoir parler, au point d’oublier qu’elle le puisse, au point de la rendre aussi morte qu’une morte. Je ne pouvais laisser faire cela. Je m’étais trop longtemps remis aux décisions des incapables qui dirigeaient l’établissement. Je pris sur moi d’agir.

 

            Je me suis alors armé de tous les calmants de l’infirmerie et j’ai commencé mon acte de rébellion. Le directeur était absent ce jour là, je me suis dirigé vers le bureau du psychiatre et lui ai demandé de changer d’avis. Il n’a rien voulu savoir et a trouvé mon insistance suspecte, je lui ai alors dis toute la vérité, espérant le faire changer d’avis. Il a trouvé cela intolérable, m’a dit que j’étais viré et m’a juré faire disparaître au plus vite Jasmine. Cette dernière parole me décida. J’attrapais le poignet du psychiatre et lui faisais une rapide injection de somnifère. Il s’écroula aussitôt. J’avertis les autres gardiens, comme moi, que le psychiatre avait fait un malaise.

 

            Pendant qu’ils s’occupaient de lui, je filais vers le bâtiment des malades lourds, évidemment moins bien gardé, puisque tous les occupants étaient fortement drogués. Je me faufilais jusqu’à la cellule de Jasmine. On n’avait pas encore eu le temps de la ‘traiter’. Elle m’enlaça et me dit « Christ ! », « Ce n’est pas lui, mais c’est tout comme.Vite filons d’ici ! ».

 

            Nous sortions du bâtiment quand je vis arriver les gardiens et le psychiatre encore groggy. J’ai alors rebroussé chemin en entrainant Jasmine avec moi. Pour faire une diversion, j’ai ouvert les cellules de tous les drogués. Ce jour là, ils n’avaient pas encore eu leurs doses, et avaient donc un peu encore de lucidité. Mais les effets de sevrage se ressentant, ils se montraient un peu violents. Je leur parlais rapidement, leur disant qu’ils pouvaient enfin s’enfuir. Même si la plupart ne pouvait pas trop bouger, une partie, environ une quinzaine, s’éclipsèrent, me donnant ainsi ma diversion. Me retournant, je remarquais que Jasmine aussi était partie.

 

            Affolé, je la cherchais quelques minutes, puis voyant l’urgence de la situation, je sortis du bâtiment. Dehors, dans la cour, les malades qui avaient une faible mobilité s’opposaient aux gardiens, laissant une chance aux plus rapides. Je m’enfuyais mais au moment de franchir l’entrée principale de l’asile, je vis loin devant moi Jasmine.

 

            Elle me souriait et agita ses lèvres pour prononcer un mot. Puis elle s’enfuit à son tour. J’essayais de la suivre mais je la perdis. Néanmoins, j’avais compris quel mot Jasmine avait prononcé avant de me quitter, un mot un seul, mais un joli mot : « Merci ».

 

            Je n’ai jamais revu Jasmine, mais je pense que les choses se sont bien passées ensuite pour elle. Car peu de temps après cet épisode de ma vie, j’ai reçu un billet, déposé je ne sais comment au fond de la poche de ma veste.

 

            Un billet avec quatre mots, quatre mots que je n’oublierais jamais.

 

            Quatre mots avec ce qui semble être une faute d’orthographe, mais qui finalement n’en est pas une, quatre mots qui ne veulent rien dire à personne, si ce n’est à moi et à elle :

 

« Jasmine est un fleur ».



escapades nocturnes souvenirs jasmine hopital psychiatrique

Tags : escapades nocturnes souvenirs

Ajouté le 22:29 à 10/5/2009
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La fin d'un monde

 




Vous vous quittez,

Certains avec hâte,

Souriant de cette liberté

Que vous prenez,

Vous souriez de voir,

Enfin,

Achevée cette année,

Et avec elle tout ce temps passé,

Avec autant de gens,

Vous repartez tout sourire donc,

Retournez chez vous.

 

Peut-être alors,

Comprendrez-vous,

Peut-être,

Ne sera-ce que demain,

La semaine prochaine

Ou quand sais-je,

Mais alors vous comprendrez

Ce sentiment

Qui anime ceux

Qui sont restés.

 

Ces certains autres

Qui sont restés

Pendant que vous partiez

Tout à l’heure

Tout sourire :

Oui,

Eux l’ont beaucoup moins,

Ce sourire,

Vous les méprisez quelque peu,

Sentimentalistes !

 

Ils perdent leur temps,

À s’enlacer,

À s’embrasser,

À faire cent projets sur la comète,

Toutes ces promesses

Qui ne seront pas tenues,

Selon vous,

Toute cette mascarade

De faux sentiments.

 

Ce n’est qu’une fois réalisé

Ce que cela représentait vraiment

Que vous réagirez de la même façon,

Si vous avez un cœur,

Ce dernier se tordra de la même douleur

Qu’on ressentit ceux qui sont restés,

Là-bas,

Devant l’université.

 

Vous regretterez,

Sans doute,

Amèrement,

De n’avoir participé,

Sans doute,

Courrez-vous pour les rattraper,

Vous excuser,

Profiter,

Mais il sera déjà trop tard.

 

Vous connaissez le dicton

Qui dit que

C’est après avoir perdu quelque chose

Que l’on s’en attriste vraiment,

Vous ne pensiez pas

Que cela s’appliquait aux gens,

Ces gens

Que vous avez côtoyés,

Pendant trois longues années,

Ces gens

Qui vous ont tous au moins une fois

Déplus,

Déçus,

Méprisés.

 

Pourtant vous des regrettez,

Enfin,

Regrets de ne plus rester dans cette famille

Que vous vous étiez construite en ce lieu,

Parmi eux.

Ce n’est que maintenant,

Chez vous,

Que vous ressentez leur manque,

L’envie de tous les revoir,

Même ceux

Qui ne vous plaisaient pas plus que cela,

Juste pour se donner une idée de faux semblant,

Juste pour réinventer ce contexte,

Ce fameux climat

Qui vous était si propice,

Depuis tout ce temps.

 

Finalement avec une larme,

Vous penserez aux autres

Qui ne sont plus vous,

Maintenant,

Et regretterez les bons moments passés…



escapades nocturnes le mans universite du maine

Tags : escapades nocturnes poesie

Ajouté le 09:26 à 30/4/2009
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A propos du blogueur

Je mets en ligne mes écrits, sans prétention et sans ménagement. En espérant, pas forcément vous plaire, mais au moins vous sortir pour quelques temps de l'ordinaire.

Tous les écrits présentés ici sont mis à la disposition selon les termes de la Licence Creative Commons.

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