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Introduction au système bancaire islamique ¶ Paix et Amour entre les peuples
Introduction au système bancaire islamique20/12/2007
Introduction au système bancaire islamique Qu'est-ce
que l'usure? | La
critique de l'usure dans l'histoire | La
position de l'Islam face à l'intérêt | Principes
de base du système bancaire islamique La religion
musulmane englobe tous les aspects de la vie spirituelle comme de la vie
sociale du croyant, instituant des principes aussi bien pour le rapport de
l'homme à Dieu
qu'en ce qui concerne ses rapports sociaux et notamment les transactions
commerciales. Dans ce domaine,
si le principe fondateur est celui de l'équité et de la transparence, Dieu a
prescrit ou interdit dans le Coran certaines pratiques. C'est
notamment le cas de l'interdiction du prêt à intérêt (Riba),
dont la pratique différencie principalement le système bancaire international
actuel du système bancaire islamique. Après une courte
présentation du principe du prêt à intérêt, nous examinerons certains arguments
opposés par les penseurs à cette pratique, avant d'exposer la position de
l'Islam à ce sujet et enfin introduire les principes de base du système bancaire
islamique. L'usure et sa critique dans l'histoire
de la pensée L'usure, le prêt
à intérêt consiste à prêter une somme d'argent à quelqu'un pour un temps donné,
qu'il devra ensuite rembourser intégralement mais en payant en plus une somme
que l'on nomme "intérêt" et qui représente une sorte de loyer versé
pour la "location" de l'argent de prêté. Dans la pensée occidentale, il existe
traditionnellement une distinction entre "usure"et "prêt
à intérêt", l'usure étant un prêt à un intérêt très fort. Dans la pensée
musulmane il n'existe aucune distinction entre ces deux termes, ceux-ci
recouvrant la même pratique. La critique du
prêt à intérêt dans l'histoire Si de tout temps
des penseurs, philosophes et économistes ont défendu l'utilité de la pratique
de l'intérêt il convient néanmoins rappeler qu'elle sera également critiquée
tout au long de l'histoire. En voici quelques exemples : "Ce qu'on déteste avec le plus de raison, c'est la
pratique du prêt à intérêt[...]" Dans la Grèce
antique, Aristote (384, m.322 av. J.C.) qualifie la pratique du prêt
à intérêt de détestable car elle consiste à créer de la monnaie à
partir d'elle-même, alors que la monnaie a été créée pour l'échange, non pour
se servir elle-même. Du côté des
traditions monothéistes, la tradition juive condamne également très
clairement cette pratique et ce ne fût, semble-t-il, qu'au retour de la
captivité de Babylone que fût autorisé le prêt à intérêt pour les non-juifs
exclusivement. L'Eglise
catholique était initialement très opposée à la pratique de
l'intérêt, fondant sa position ferme sur le texte biblique très explicite à ce
sujet. Sous l'impulsion de Calvin (au XVIe siècle) l'autorisation
fût donnée aux protestants, et par la suite la pratique se répandit à
l'ensemble de la communauté chrétienne, cependant qu'il fallait respecter une
limite morale (ne pas pratiquer un taux d'intérêt trop fort). "Le
capital est au risque de l'emprunteur qui est comme l'assureur de celui qui
prête" De nombreux intellectuels ont de leur
côté fustigé l'usure, le prêt à intérêt, en argumentant que celui-ci dissuade
l'investissement dans ce qui n'est pas directement et certainement rentable,
même si cet investissement a une importance sociale (développement des
infrastructures, éducation, etc.. L'économiste et philosophe Adam Smith
(1723, m.1790 ap. J.C.) estima pour sa part que par l'usure "le capital
est au risque de l'emprunteur qui est comme l'assureur de celui qui
prête". On voit très nettement apparaître ici cette inversion qui amène
celui qui a besoin à devenir l'assureur de celui qui a. Les penseurs et
théoriciens socialistes ont également développé la critique en argumentant que
l'usurier (celui qui prête) reçoit des revenus sans fournir aucun travail, ce
qui apparaissait à leurs yeux comme une injustice particulière. La position de l'Islam face à l'intérêt A l'époque de la
révélation coranique, la pratique du prêt à intérêt était très répandue dans la
société arabe. La révélation coranique fût sans ambiguïté au sujet de l'usure : Ô croyants! Craignez Dieu; et renoncez au
reliquat de l'intérêt usuraire, si vous êtes croyants. Ceux qui mangent [pratiquent] de l'intérêt
usuraire ne se tiennent (au jour du Jugement dernier) que comme se tient celui
que le toucher de Satan a bouleversé. On rapporte
également cette parole de la bouche du Prophète Mohammed "Dieu a maudit celui qui se nourrit
d'usure, celui qui l'offre, celui qui en témoigne et celui qui en établit le
contrat." "En
Islam, tout prêt à intérêt est prohibé, quel que soit son taux". Les savants musulmans ont déduit que le
croyant musulman ne devait donc pas prêter son argent à intérêt, ni même avoir
recours au prêt à intérêt. Devant l'apparition des nouvelles pratiques
bancaires, au cours du XXe siècle, les savants musulmans se sont
interrogés. En 1965, une commission de juristes musulmans venus de 36 pays
s'est réunie en Egypte, à Al-Azhar, afin de statuer sur la question de
l'intérêt. Ils confirmèrent unanimement cette prohibition. Des avis
particuliers (fatwa) ont cependant été énoncés
par certains savants, dont Yousouf
al-Qaradâwî, qui autorise les musulmans vivant en occident, et qui ne
peuvent bénéficier de prêts sans intérêt, à avoir recours au prêt à intérêt dans
l'unique but d'acheter un bien indispensable, de première nécessité. Il
faut cependant rappeler que cet avis n'est pas partagé par la grande majorité
des savants contemporains, qui proposent plutôt aux musulmans d'avoir recours à
la location, au lieu de l'achat. Principes fondamentaux du système
bancaire islamique Les premiers pas... sont toujours difficiles Les premières
expériences de banque islamique eurent lieu dans les années 1950 au Pakistan
et dans les années 1960 en Egypte, sous l'impulsion du développement du
système bancaire international. Si ces
expériences se soldèrent par des échecs (pour le premier du fait d'une
demande trop importante et d'une offre trop faible et pour l'autre suite à
l'assentiment du gouvernement égyptien), elles furent néanmoins riches
d'enseignements qui profitèrent aux banques islamiques actuelles des pays
du Golfe ou de l'Asie. Jusqu'à présent
le commerce et la banque avaient, en effet, été approchés sous un angle assez
informel et la normalisation internationale corollaire du développement
du système bancaire international a amené les musulmans à formaliser également
un système bancaire avec ses valeurs propres. Principes fondamentaux Le principe du
rejet du prêt à intérêt est une caractéristique fondamentale du système
bancaire islamique mais il diffère du système bancaire actuel à d'autres titres
et notamment par le rapport particulier que joue la banque islamique
dans ce système. En effet la banque islamique n'est pas un simple pourvoyeur de
fond intéressé uniquement aux garanties offertes par les emprunteurs, encore
moins un simple coffre de dépôt de valeurs, mais un véritable partenaire de
l'entrepreneur emprunteur. La banque islamique offre à ce titre des
nombreux services de gestion à ses clients, afin de les soutenir dans leur
entreprise et assurer ainsi une activité économique saine et profitable aux
deux partenaires. L'idée qui
supporte l'action de la banque islamique est le principe du partage des
risques, appelé en arabe "al-Ghunm bi al-Ghurm". Celui-ci signifie
que celui qui prête l'argent doit participer avec celui qui emprunte aux
bénéfices, comme aux risques. La banque islamique joue donc ici son
plein rôle de partenaire, partageant gains et pertes avec son client. Elle
assurera sa pérennité en multipliant le nombre de ses clients (afin de répartir
le risque) et en leur proposant des services de conseil et d'accompagnement en
gestion. Si la banque
islamique propose comme les banques habituelles de simples comptes de dépôt
pour les particuliers, dont les frais de gestion sont acquittés par les
déposants, elle propose surtout des services financiers destinés aux entrepreneurs
et qui prennent habituellement les formes suivantes :
Pour une
présentation plus en détail des principes et de la structure des banques
islamiques nous vous invitons à vous reporter à l'excellent ouvrage de Mohammed
Boudjellal, Le Système Bancaire Islamique, paru en 1998 et édité par
l'Institut International de la Pensée Islamique, USA (IIIT). Catégorie : FINANCES - ARGENT - 1 Commentaires
creergerer1entreprise, le 25-12-2007 à 16:17:57 dit :
Comparaison entre Islam et Judaïsme Bonjour islampaixamour,
Merci pour tes précisions que tu as mises dans les commentaires, et que tu m'as aussi envoyées en e-mail directement.
Sais-tu qu'il y a des points communs, mais aussi des différences, entre l'Islam et le Judaïsme ?
Les produits financiers appelés moudharaba et mousharaka en Arabe, existent aussi dans la Communauté Juive depuis qu'existe le Judaïsme en tant que Religion organisée (époque de Moïse, 12 siècles avant l'Ere Chrétienne).
Mais il y a quand même une différence : au sein du Judaïsme, il y a, d'un côté un individu qui n'est pas une banque mais qui a de l'argent, qui accepte de devenir le commanditaire d'un autre individu ayant l'intention de créer ou de reprendre une Entreprise, dans les mêmes conditions que ce qui est appelé moudharaba et mousharaka en Arabe. Les deux individus se connaissent depuis un certain temps (généralement, parce qu'ils fréquentent la même Synagogue, mais ce n'est pas impératif, car le commandité, le bénéficiaire, peut très bien ne pas être Juif), et ils s'estiment mutuellement. C'est souvent de cette manière que des Juifs deviennent commerçants, artisans, professions libérales, chefs d'entreprise. Pendant la période de commandite, le commanditaire, celui qui a fourni l'argent, touche sa part de bénéfices conformément aux engagements du départ. Ensuite, lorsque le commandité, le bénéficiaire, a fait suffisamment d'économies pour racheter l'Entreprise ou les actions détenues par le commanditaire, le commandité rachète l'Entreprise et rembourse le commanditaire. Puis, l'ex-commandité fait d'autres économies en vue de devenir le commanditaire d'une autre personne.
D'autre part, au sein du Judaïsme, nous avons tout un système social, avec diverses associations caritatives, humanitaires, culturelles, et autres, dont certaines peuvent parfois prêter de l'argent sans aucun intérêt à des personnes temporairement dans le besoin, mais ces associations Juives peuvent aussi subventionner (donc sans aucun remboursement) des associations s'occupant de personnes handicapées, de personnes hospitalisées, d'orphelins, de personnes âgées. Et pour cela, nous versons à une organisation centrale Juive du pays où l'on vit, dans le cadre de la Tsédakah, un maassère, c'est-à-dire un "impôt-solidarité" représentant 10 % de nos revenus après paiement des impôts de l'état et des autres administrations (les revenus étant : salaire si l'on est salarié, bénéfice net si l'on est indépendant). Puis cette organisation centrale reverse l'argent à diverses associations caritatives, humanitaires, culturelles, et autres. Et certaines de ces associations peuvent prêter de l'argent sans intérêts à des personnes temporairement dans le besoin. Et d'autres associations peuvent aider à la recherche d'un emploi si la personne dans le besoin est demandeur d'emploi. Si l'on est parent d'une personne handicapée, hospitalisée ou âgée, ou d'une personne temporairement dans le besoin, et qu'on l'aide financièrement directement, les sommes versées à cette personne sont déductibles du maassère.
Je me permets de préciser que, contrairement à une légende un peu trop répandue, il y a TRES PEU de Juifs banquiers, que ce soit au niveau dirigeants ou au niveau employés.
Bonne journée ou bonne soirée.
http://creergerer1entreprise.bloguez.com/
islampaixamour, le 24-12-2007 à 21:12:30 dit :
Possibilité aux non musulmans d'acceder aux banques islamiques
Le Royaume-Uni est le premier pays Européen à avoir créé une banque qui respecte les principes du système bancaire musulman : l'Islamic Bank of Britain .Je suppose que cette banque travaille avec ses clients sans distinction de religion. Ci-dessous un article de Thomas Urbain sur la question La banque « Halal » pèse 500 milliards de dollars Par
Thomas Urbain de lAFP Royaume-Uni, semble moins circonspecte. «La
France est un pays attractif du fait de sa forte communauté musulmane.
Nous ayons d'ailleurs déjà quelques centaines de clients français», explique Junaid Bhatti,
porte-parole de l'IBB. Pour Zoubeir Ben Terdeyet, fondateur du cabinet de
conseil en finance islamique Isla-Invest, «on peut estimer le marché entre 200.000 et 300.000 clients».
«Loffre créera la demande», dit-il. Dans le milieu bancaire, les
intervenants qui ont étudié
la question évoquent des obstacles fiscaux,
qui compliqueraient l'architecture
et le fonctionnement de la finance
islamique en France. Par exemple,
dans le cas du crédit immobilier, le montage dit « Ijara », implique que l'établissement de crédit achète
le bien, puis le revende à terme à l'emprunteur. Mais, ce système nécessiterait notamment deux actes notariés au lieu
d'un seul pour une transaction classique, ce qui augmenterait d'autant le coût pour l'acheteur. Au Royaume-Uni, le Trésor a pris des mesures pour faciliter le fonctionnement de la «banque halal» au sein du système britannique et le gouvernement
a même décidé d'intégrer au budget
2007 des dispositions instaurant un
véritable cadre juridique pour la
finance islamique. «Les Anglo-Saxons
sont beaucoup plus pragmatiques. Ils
voient la finance islamique comme une alternative et pas comme un risque»,
affirme M. Ben Terdeyet Le retard
pris par la France s'explique
également par l'origine de la communauté musulmane, qui vient essentiellement du Maghreb, où le principe de la finance islamique est quasiment inexistant (1). Néanmoins,
malgré ces vents contraires,
l'arrivée de la charia dans le
paysage bancaire français semble
bien se profiler à moyen terme. M.
Ben Terdeyel affirme avoir présenté,
«il y a quelques mois», une demande
d'agrément auprès du Comité des
établissements de crédit et des
entreprises d'investissement (CECEI), autorité de contrôle des banques françaises, qui s'est refusé à tout commentaire. La demande portait sur la création en France d'une filiale d'une banque du Moyen Orient comptant parmi les acteurs majeurs de la finance islamique. Toujours selon M. Ben Terdeyet, le CECEÏ lui aurait demandé d'intégrer des investisseurs européens dans le projet avant de le soumettre à nouveau.
creergerer1entreprise, le 24-12-2007 à 09:46:26 dit :
Banques islamiques Salam islampaixamour,
A mon propre article :
http://www.bloguez.com/creergerer1entreprise/287149/
je viens de rajouter une petite liste de Banques islamiques de Grande-Bretagne, d'Arabie Saoudite, de Dubaï (Emirats Arabes Unis).
Bien entendu, ma petite liste n'est pas limitative, et il existe aussi d'autres Banques islamiques.
Bonne journée.
http://creergerer1entreprise.bloguez.com/
creergerer1entreprise, le 22-12-2007 à 09:27:50 dit :
Salam islampaixamour Salam islampaixamour,
Ton article sur le système bancaire islamique est très intéressant, et permet, même à des non-Musulmans (je ne suis pas Musulman), de mieux connaitre, sans parti pris, l'une des facettes de l'Islam.
Sur mon blog : http://creergerer1entreprise.bloguez.com/ j'ai fait un article disponible ici : http://www.bloguez.com/creergerer1entreprise/287149/ et mon article conduit vers le tien.
Néanmoins, il y a une petite question que je voudrais te poser : supposons qu'un non-Musulman demanderait un financement à une banque islamique respectant les règles du système bancaire islamique, est-ce que cette banque islamique pourrait accepter cette demande de financement, sachant que le Client n'est pas Musulman ? Cette question est juste pour ma Culture personnelle.
Et pour ta propre Culture, saches qu'il est possible et légal de créer une banque islamique respectant les règles du système bancaire islamique dans les pays dits Occidentaux, à condition qu'elle respecte aussi les règles du pays en matière de création de banque, et notamment en matière de détention de licence.
Bonne journée.
http://creergerer1entreprise.bloguez.com/
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